L'ostéopathie

L’ostéopathie au 3e trimestre : la période où la science est la plus solide

L'ostéopathie au 3e trimestre peut-elle encore vous soulager, maintenant que le ventre est là et que tout tire ? Oui, et c'est même la période où la science est la plus solide : un essai sur 400 femmes au 3e trimestre a montré moins de douleur et moins de perte de fonction qu'avec les soins habituels, sans aucun signal de risque pour la grossesse. Voici ce que l'ostéopathe fait entre 29 et 41 SA, dans quelle position, à quel rythme, et ce qu'il ne promet pas.

L'essentiel en 5 lignes

  1. 29 à 41 SA : plus de 2 femmes sur 3 ont mal au bas du dos, environ 1 sur 5 au bassin ; pubis, côtes, essoufflement et jambes lourdes s'ajoutent.
  2. La preuve : essai PROMOTE, 400 femmes, 7 séances sur 9 semaines, moins de douleur et moins de perte de fonction que les soins habituels ; aucun passage à une grossesse à risque lié aux séances.
  3. Honnêteté : pas mieux qu'une fausse intervention dans PROMOTE, pas mieux qu'une intervention simulée dans la méta-analyse Hall 2016.
  4. En séance : sur le côté ou semi-assise avec des coussins ; bassin, sacrum et coccyx, diaphragme, drainage doux ; séances espacées sur plusieurs semaines.
  5. Contractions régulières avant 37 SA, perte de liquide, saignements, bébé qui bouge moins : la maternité d'abord.

Pourquoi a-t-on si mal au 3e trimestre ?

Parce que tout arrive en même temps : le poids, la cambrure, les ligaments assouplis et un diaphragme (le muscle de la respiration) refoulé vers le haut. Entre 29 et 41 SA (semaines d'aménorrhée, comptées depuis vos dernières règles), plus de 2 femmes sur 3 ressentent une lombalgie (une douleur du bas du dos), et environ 1 sur 5 une douleur de la ceinture pelvienne (les articulations du bassin, à l'arrière et au pubis).

S'y ajoutent la pubalgie (une douleur du pubis qui gêne la marche), la sciatique, les côtes qui tirent, l'essoufflement, les jambes lourdes et un sommeil haché. Tout cela est fréquent, mécanique, et presque tout se soulage.

Que montre l'essai PROMOTE sur l'ostéopathie au 3e trimestre ?

Il montre que les femmes suivies en ostéopathie ont eu moins de douleur et moins de perte de fonction que celles qui recevaient les soins habituels. PROMOTE (Hensel et al., 2015) est un essai randomisé (les participantes sont tirées au sort entre les groupes) mené sur 400 femmes au 3e trimestre. Le groupe ostéopathie a reçu 7 séances réparties sur 9 semaines. La différence avec les soins habituels est nette (p inférieur à 0,001, c'est-à-dire très peu probable due au hasard).

Deux autres résultats comptent pour vous. Côté sécurité : aucun passage à une grossesse à risque lié aux séances. Côté honnêteté : l'ostéopathie n'a pas fait mieux que la fausse intervention de l'essai, une échographie placebo (une procédure sans effet attendu, qui sert de comparaison). On sait donc que les femmes vont mieux avec les séances qu'avec les soins habituels ; on ne sait pas quelle part revient aux techniques, et quelle part au temps, à l'attention et au toucher. Nous le disons, et nous l'expliquons sur la page l'étude PROMOTE en français simple.

L'ostéopathie au 3e trimestre : que disent les autres études ?

Elles confirment une preuve de qualité modérée en faveur de l'ostéopathie pour le dos et le bassin, et elles répètent la même réserve. La revue Cochrane 2015 (34 essais, 5 121 femmes) conclut que l'ostéopathie réduit la lombalgie et l'incapacité, avec des effets indésirables mineurs et passagers. La méta-analyse Franke 2017 trouve un effet moyen sur la douleur (16,7 points de moins sur 100) et sur la fonction. La synthèse de 27 revues de Zipp (2025) retient une qualité modérée en faveur de l'ostéopathie pour la lombalgie de grossesse.

La réserve, c'est la méta-analyse de Hall (2016), sur 10 études et 1 198 femmes : les thérapies manuelles sont supérieures aux soins habituels sur la douleur, mais pas supérieures à une intervention simulée (une fausse séance). Ce point est expliqué sur la page ce que l'on ne sait pas encore. Et pour le bébé ? L'étude Doppler de 2024 (51 femmes au 3e trimestre) n'a mesuré aucun effet de la séance sur la circulation entre l'utérus, le placenta et le bébé, avec des constantes maternelles dans la norme.

Comment se passe une séance d'ostéopathie au 3e trimestre ?

Sur le côté ou semi-assise, avec des coussins, et jamais à plat sur le dos : après 28 SA, cette position peut donner un malaise. Sur le côté, un coussin sous la tête, un entre les genoux, un sous le ventre si besoin. Semi-assise, le dos calé, pour les côtes, le diaphragme et les épaules.

Les techniques sont douces et externes : mobilisations lentes du bassin et du sacrum (l'os au bas de la colonne), travail du coccyx par l'extérieur, relâchement du diaphragme et des côtes par la respiration, étirement du piriforme (un petit muscle profond de la fesse) pour la sciatique, drainage doux des jambes. Aucun appui sur le ventre, aucune manipulation forcée. Votre partenaire est le bienvenu. Le déroulé complet est sur la page comment se passe une séance.

À quel rythme consulter au 3e trimestre ?

En séances espacées sur plusieurs semaines, plutôt qu'une seule fois : c'est ce qu'a testé PROMOTE, et c'est ce que nous conseillons. Le repère de base : une séance vers 28 SA, à l'entrée du trimestre, puis la préparation du bassin vers 36 SA. Entre les deux, si une douleur s'installe, deux ou trois séances à une ou deux semaines d'écart, puis on espace. Le calendrier complet est sur la page quand consulter un ostéopathe enceinte.

Ce que nous ne promettons pas : raccourcir le travail, agir sur la date de l'accouchement, changer la position d'un bébé en siège. Aucune étude solide ne le montre. Si votre bébé est en siège, la version se fait avec l'obstétricien vers 36 ou 37 SA ; l'ostéopathe accompagne le confort du bassin, rien de plus. La préparation du bassin complète les séances de préparation à la naissance, sans les remplacer.

Et l'ostéopathe, entre 29 et 41 SA ?

Il commence par lire votre carnet de grossesse et le compte rendu de l'échographie du 3e trimestre : la position du bébé, le placenta, ce que vous a dit votre sage-femme. Puis le bilan sur le côté : bassin, sacrum, hanches, lombaires, côtes, respiration. Puis les techniques, douces, et les conseils : se lever en roulant, dormir sur le côté gauche, une ceinture de grossesse quelques heures par jour si le bassin ou le pubis font mal. Si les déplacements deviennent difficiles, la séance peut avoir lieu à domicile à Nice.

Il tient compte de vous : une grossesse gémellaire, un placenta bas inséré (un placenta placé près du col), une menace d'accouchement prématuré, une hypertension ou un diabète gestationnel changent la forme de la séance, pas le fait de venir. Dites-lui tout, il adapte.

Preuve · essai randomisé PROMOTE 2015 : 400 femmes au 3e trimestre, 7 séances sur 9 semaines, moins de douleur et moins de perte de fonction que les soins habituels, aucun passage à une grossesse à risque lié aux séances ; pas mieux que l'échographie placebo. Preuve · méta-analyse Hall 2016 : pas mieux qu'une intervention simulée. Nous le disons.

Au cabinet. Clara, 35 ans, enceinte de 33 SA de son deuxième bébé, ne pouvait plus monter les escaliers sans se tenir à la rampe : le pubis et l'arrière du bassin, des deux côtés, surtout le soir après avoir porté son aîné. Sa sage-femme l'avait rassurée sur le col et le bébé. Bilan du bassin sur le côté, travail du sacrum et des hanches, étirement doux du piriforme, conseils pour marcher à petits pas et se tourner dans le lit genoux serrés, ceinture de grossesse quelques heures par jour. Trois séances en quatre semaines. « Ça ne disparaît pas, je suis enceinte. Mais je remonte les escaliers, et je dors. » Prénom modifié, avis publié sur Google.

Quand appeler la maternité avant tout

Ces signes demandent un avis médical le jour même. Ce n'est pas l'ostéopathie qui est en cause : c'est le signe qu'il faut vérifier d'abord.

  • Saignements, quelle que soit la quantité
  • Perte de liquide clair et continue (rupture de la poche des eaux)
  • Contractions régulières et douloureuses avant 37 SA
  • Fièvre au-dessus de 38 °C
  • Bébé qui bouge nettement moins ou plus du tout (après 24 SA)
  • Maux de tête violents avec troubles de la vue, gonflement brutal du visage ou des mains, douleur « en barre » sous les côtes (signes de pré-éclampsie)
  • Douleur abdominale intense ou ventre dur en permanence
  • Mollet douloureux, chaud, rouge d'un seul côté (phlébite)
  • Démangeaisons intenses des paumes et des plantes des pieds (cholestase)

La liste complète est sur la page est-ce dangereux ? Une fois le feu vert donné, l'ostéopathe peut vous accompagner comme n'importe qui d'autre.

Vos questions

Combien de séances pendant la grossesse ?

Souvent trois (vers 20, 28 et 36 SA) et une après la naissance ; plus si une douleur s'installe. Au 3e trimestre, le rythme testé dans les études est celui de séances répétées sur plusieurs semaines : dans PROMOTE, 7 séances sur 9 semaines. Au cabinet, nous partons de deux repères, 28 et 36 SA, et nous rapprochons les séances si le bassin, le pubis ou le dos s'installent dans la douleur. Dès que ça va mieux, on espace. Vous ne savez pas à quelle semaine vous en êtes ? Calculez-la en une date.

Mon partenaire peut-il venir ?

Oui, et c'est souvent utile pour apprendre les gestes qui soulagent à la maison. Au 3e trimestre plus qu'à tout autre moment : le soir, quand le bas du dos ou le bassin se réveillent, il saura relâcher le sacrum avec la paume, guider une respiration, ou vous aider à vous tourner dans le lit genoux serrés. Il assiste à la séance, pose ses questions, et vous repartez à deux avec les mêmes mots pour parler de ce qui tire.

Est-ce remboursé ?

Pas par l'Assurance Maladie ; la plupart des mutuelles remboursent 1 à 4 séances par an. À Nice, la séance coûte 90 € au cabinet et 120 € à domicile. Vous repartez avec une facture pour votre mutuelle ; vérifiez dans votre contrat le nombre de séances et le montant pris en charge. Si vous avez déjà consulté aux trimestres précédents, comptez vos séances restantes avant de planifier celles de la fin de grossesse et du post-partum. Tout est détaillé sur la page tarifs et remboursement.

Le bassin, le pubis ou le dos qui lâchent en fin de grossesse ? C'est là que l'ostéopathie a le plus de preuves.

À Nice, au cabinet Pôle Ostéo (22 rue Gounod) ou à domicile, ou près de chez vous grâce à l'annuaire des ostéopathes formés à la grossesse. Sur le côté, en douceur, sans appui sur le ventre.

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Pôle Ostéo · 22 rue Gounod, 06000 Nice · 90 € au cabinet, 120 € à domicile · 04 93 85 91 84

Rédigé par Aloïs Ruetsch, ostéopathe D.O. (CEESO Paris), fondateur du cabinet Pôle Ostéo à Nice. 15 ans de pratique, plus de 10 000 consultations, membre du SFDO.

Relu par un ostéopathe du cabinet · Mis à jour le 30 octobre 2026

Sources

Les informations de ce site complètent le suivi de votre grossesse par votre sage-femme ou votre médecin et ne le remplacent pas. En cas de doute, appelez votre maternité.

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