Symptômes

Pubalgie enceinte : pourquoi le pubis fait mal, et comment marcher ?

La pubalgie enceinte, cette douleur en avant du bassin, au pubis, touche environ une femme sur dix à partir de 24 SA. Elle inquiète parce qu'elle se réveille à chaque pas, en se tournant dans le lit, en sortant de la voiture. On se demande si « quelque chose a lâché ». Dans l'immense majorité des cas, rien n'a lâché : la symphyse s'écarte comme prévu, et la marche se réapprend.

L'essentiel en 5 lignes

  1. La pubalgie enceinte vient de l'écartement physiologique de la symphyse pubienne, assouplie par les hormones, et du cisaillement à chaque pas.
  2. Environ 1 femme sur 10 au 2e trimestre, 1 sur 8 au 3e, pic vers 36 SA ; 1 sur 20 après la naissance.
  3. À la maison : petits pas, genoux serrés pour se tourner, s'asseoir pour s'habiller, ceinture de grossesse quelques heures par jour.
  4. L'ostéopathe travaille en douceur la symphyse, les adducteurs et le bassin ; pas d'étude spécifique, la preuve vient de la pratique clinique.
  5. À faire vérifier : impossible de lever une jambe ou de marcher sans aide, craquement brutal suivi d'une douleur intense.

Pourquoi le pubis fait-il mal pendant la grossesse ?

Parce que la symphyse pubienne (la jonction entre les deux os du pubis, à l'avant du bassin) s'écarte de quelques millimètres. Cette préparation au passage du bébé est l'effet de la relaxine (une hormone de grossesse qui assouplit les ligaments), et c'est prévu. Le problème vient de la marche : à chaque pas, une jambe avance, l'autre recule, et les deux moitiés du bassin glissent l'une contre l'autre. On appelle cela un cisaillement. Sur une symphyse assouplie, il devient douloureux.

Les adducteurs (les muscles de l'intérieur de la cuisse) s'attachent juste là ; ils se crispent pour tenir, et tirent à leur tour. La douleur est en avant, au pubis, parfois vers l'aine ou l'intérieur des cuisses. Elle se réveille en écartant les jambes, en montant une marche, en se tournant dans le lit. Si elle est plutôt derrière, au-dessus de la fesse, lisez la page douleur du bassin enceinte : les deux vont souvent ensemble. Le bébé, lui, ne risque rien.

À quel moment la pubalgie enceinte apparaît-elle, et combien de femmes ?

Elle apparaît le plus souvent entre 24 et 28 SA, et s'accentue au 3e trimestre. De l'ordre d'une femme sur dix est concernée au 2e trimestre, une sur huit au 3e. Le pic se situe vers 36 SA, quand le bébé descend dans le bassin. Les pages 28 SA et 32 SA décrivent les semaines où elle s'installe. Après la naissance, une femme sur vingt la garde quelques semaines, parfois de façon intense. Vous ne savez plus où vous en êtes ? Calculez votre semaine.

Selon votre semaine

Au 1er trimestre (4 à 14 SA)

Peu concerné à ce stade : la symphyse ne s'assouplit sensiblement qu'à partir du 2e trimestre. Une douleur du pubis avant 14 SA mérite d'être décrite à votre sage-femme.

Au 2e trimestre (15 à 28 SA)

À quel point c'est fréquent : 1 femme sur 10.

Rassurant quand c'est une douleur en avant, au pubis, qui apparaît en écartant les jambes ou en se tournant dans le lit.

À faire vérifier si vous ne pouvez plus lever une jambe ni marcher sans aide.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : bassin, adducteurs, sacrum ; conseils : petits pas, genoux serrés pour se tourner. Une séance de bilan suffit souvent à ce stade (voir l'ostéopathie au 2e trimestre).

Au 3e trimestre (29 à 41 SA)

À quel point c'est fréquent : 1 femme sur 8.

Rassurant quand elle augmente avec la marche et la fatigue, et se calme assise ou allongée.

À faire vérifier si vous ne pouvez plus marcher, ou un craquement brutal a été suivi d'une douleur intense.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : travail doux de la symphyse et du bassin, ceinture de grossesse ; positions d'accouchement à discuter avec la sage-femme. Deux ou trois séances espacées de 2 à 3 semaines, sur le côté ou semi-assise (voir l'ostéopathie au 3e trimestre).

Après la naissance

À quel point c'est fréquent : 1 femme sur 20, parfois intense.

Rassurant quand elle diminue nettement dans les premières semaines.

À faire vérifier si vous ne pouvez pas marcher, ou la douleur persiste au-delà de 6 à 8 semaines.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : bassin et symphyse, après avis médical si la douleur empêche de marcher ; relais kiné. La séance se coordonne avec la rééducation périnéale.

Ce qui aide à la maison contre la pubalgie enceinte

Le principe tient en une phrase : les deux jambes font la même chose, en même temps.

Ce que fait l'ostéopathe pour la pubalgie enceinte

Il commence par un bilan : il vous regarde marcher, lever une jambe, vous tourner. Il teste la sensibilité de la symphyse, la tension des adducteurs et la mobilité des sacro-iliaques. Si la marche n'est plus possible sans aide, il vous oriente d'abord vers votre sage-femme. Dites-lui tout sur votre grossesse, il adapte.

Les techniques sont externes et douces : détente des adducteurs et des muscles du bassin, mobilisations lentes du sacrum et des hanches pour équilibrer les deux moitiés du bassin. Vous êtes sur le côté ou semi-assise, avec des coussins. Aucun appui sur le ventre, aucune manipulation forcée, aucun geste brusque sur la symphyse.

Deux ou trois séances espacées de 2 à 3 semaines, avec un réglage de votre ceinture de grossesse et les gestes du quotidien. Ce qu'il ne fait pas : « resserrer » la symphyse, ou décider des positions d'accouchement, qui se discutent avec votre sage-femme.

Preuve · pratique clinique Aucune étude n'a isolé la pubalgie de grossesse. Les études sur la douleur lombo-pelvienne (Cochrane 2015, Franke 2017) sont encourageantes, mais nous ne les étendons pas au pubis sans prudence.

Ce que dit la science sur l'ostéopathie et la pubalgie enceinte

Peu de choses spécifiques, et nous préférons vous le dire. Les essais sur l'ostéopathie pendant la grossesse portent sur la douleur du bas du dos et du bassin, souvent regroupées sous le terme « douleur lombo-pelvienne ». La revue Cochrane de Liddle et Pennick (2015) y trouve une preuve de qualité modérée en faveur de l'ostéopathie, avec des effets indésirables mineurs et passagers. La méta-analyse de Franke (2017) va dans le même sens. Mais aucune de ces études n'a mesuré à part la douleur du pubis. Pour la pubalgie, l'ostéopathie vise donc le confort et la marche, sur la base de la pratique clinique, sans promesse chiffrée.

Quand appeler la maternité avant tout

Ces signes demandent un avis médical le jour même. Ce n'est pas l'ostéopathie qui est en cause : c'est le signe qu'il faut vérifier d'abord.

  • Impossible de lever une jambe ou de marcher sans aide (possible disjonction de la symphyse)
  • Craquement brutal au pubis suivi d'une douleur intense
  • Contractions régulières et douloureuses avant 37 SA
  • Fièvre au-dessus de 38 °C
  • Saignements, quelle que soit la quantité
  • Chute, choc sur le ventre, accident de voiture
  • Après la naissance : impossible de marcher, ou douleur qui persiste au-delà de 6 à 8 semaines

Retrouvez la liste complète des signes d'alerte. Une fois le feu vert donné, l'ostéopathe peut vous accompagner comme n'importe qui d'autre.

Au cabinet. Camille, 32 ans, 34 SA, premier bébé : une douleur au pubis depuis un mois. Se tourner dans le lit la faisait crier, et elle marchait « comme un canard ». Bilan : une symphyse très sensible, des adducteurs tendus comme des cordes, un bassin asymétrique. Deux séances à trois semaines d'écart, sur le côté, une ceinture réglée bas, et l'apprentissage des genoux serrés. « Je suis repartie faire les courses à pied. Et je dors sans redouter de me tourner. » Prénom modifié, avis publié sur Google.

Vos questions

J'ai mal au pubis et du mal à marcher : c'est grave ?

La symphyse s'écarte ; petits pas, genoux serrés, ceinture, ostéopathie. Ce n'est pas grave au sens médical : le bébé ne risque rien, et l'écartement est prévu par la grossesse. C'est en revanche très gênant, et il ne faut pas « serrer les dents » jusqu'au terme. Si vous ne pouvez plus lever une jambe ni marcher sans aide, c'est différent : appelez votre maternité le jour même. Une disjonction de la symphyse demande un avis médical avant toute séance.

Puis-je accoucher par voie basse avec une pubalgie ?

Le plus souvent oui, et c'est votre sage-femme et l'équipe de la maternité qui en décident avec vous. Ce qui compte, c'est de le dire avant le jour J. Certaines positions écartent beaucoup les genoux et réveillent la douleur ; d'autres la ménagent (sur le côté, à quatre pattes, genoux peu ouverts). Notez votre pubalgie dans votre projet de naissance, et parlez-en à la consultation du 9e mois. L'ostéopathe peut vous aider à repérer les positions confortables, mais la décision reste médicale.

La pubalgie part-elle après l'accouchement ?

Dans la grande majorité des cas, oui, et nettement dès les premières semaines : la relaxine s'efface et la symphyse se stabilise. Une femme sur vingt garde une gêne plus longue, parfois intense les premiers jours. Continuez les gestes du quotidien (genoux serrés, petits pas) et parlez-en à la consultation postnatale. Si vous ne pouvez pas marcher, ou si la douleur persiste au-delà de 6 à 8 semaines, un avis médical s'impose avant la séance. Un relais kiné est souvent utile.

Marcher « comme un canard » n'est pas une fatalité.

Un bilan du bassin, des gestes pour chaque mouvement du quotidien, une ceinture réglée au bon endroit : la pubalgie enceinte se vit beaucoup mieux accompagnée. À Nice, au cabinet Pôle Ostéo, ou près de chez vous grâce à l'annuaire des ostéopathes formés à la grossesse.

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Pôle Ostéo · 22 rue Gounod, 06000 Nice · 90 € au cabinet, 120 € à domicile · 04 93 85 91 84

Rédigé par Aloïs Ruetsch, ostéopathe D.O. (CEESO Paris), fondateur du cabinet Pôle Ostéo à Nice. 15 ans de pratique, plus de 10 000 consultations, membre du SFDO.

Relu par un ostéopathe du cabinet · Mis à jour le 30 octobre 2026

Sources
  • Liddle S.D., Pennick V., revue Cochrane 2015 — doi.org/10.1002/14651858.CD001139.pub4 (douleur lombo-pelvienne de grossesse ; la pubalgie n'y est pas mesurée à part)
  • Franke H. et al., méta-analyse, J Bodyw Mov Ther 2017 — doi.org/10.1016/j.jbmt.2017.05.014
  • Fréquences : ordres de grandeur issus de la pratique clinique et des repères HAS, Assurance Maladie (ameli.fr, « Le suivi de la grossesse ») et CNGOF.

Les informations de ce site complètent le suivi de votre grossesse par votre sage-femme ou votre médecin et ne le remplacent pas. En cas de doute, appelez votre maternité.

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