Le diabète gestationnel est un excès de sucre dans le sang qui apparaît pendant la grossesse et disparaît le plus souvent après la naissance. Il concerne environ une grossesse sur six à huit en France. On le dépiste par un test, l'HGPO, proposé entre 24 et 28 SA aux femmes qui ont un facteur de risque. Ce n'est la faute de personne, et il se prend bien en charge : alimentation, mouvement, et de l'insuline seulement si c'est nécessaire.
L'essentiel en 5 lignes
- Pour qui : si vous avez 35 ans ou plus, un IMC de 25 ou plus, un parent diabétique, ou un diabète gestationnel ou un bébé de plus de 4 kg lors d'une grossesse précédente.
- Quand : l'HGPO se fait entre 24 et 28 SA ; une glycémie à jeun peut déjà être prescrite au 1er trimestre.
- Comment : à jeun, une prise de sang, 75 g de sucre à boire, puis deux prises de sang à 1 h et 2 h.
- Seuils : 0,92 g/L à jeun, 1,80 g/L à 1 h, 1,53 g/L à 2 h ; une seule valeur atteinte suffit au diagnostic.
- Et après : alimentation adaptée, activité physique, autosurveillance, insuline si besoin ; un contrôle après la naissance.
Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?
Un taux de sucre dans le sang (la glycémie) trop élevé, découvert pour la première fois pendant la grossesse. À partir du 2e trimestre, les hormones du placenta rendent votre corps moins sensible à l'insuline, l'hormone qui fait entrer le sucre dans les cellules. Chez la plupart des femmes, le pancréas compense ; chez d'autres, pas tout à fait, et la glycémie monte.
C'est fréquent : environ une grossesse sur six à huit en France, et en hausse. Ce n'est ni une faute, ni un manque de volonté. Non traité, le diabète gestationnel augmente le risque d'un bébé plus gros que prévu, d'un accouchement plus difficile et d'une baisse de sucre chez le nouveau-né. Pris en charge, ces risques se réduisent nettement.
Dépistage du diabète gestationnel : pour qui ?
Pour les femmes qui ont au moins un facteur de risque, selon les recommandations du CNGOF. Il n'est pas systématique en France, et votre sage-femme ou votre médecin en parle dès la première consultation de grossesse. Les facteurs de risque retenus :
- un âge de 35 ans ou plus ;
- un IMC (indice de masse corporelle) de 25 ou plus avant la grossesse ;
- un parent proche diabétique (père, mère, frère ou sœur) ;
- un diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente ;
- un bébé de plus de 4 kg à la naissance lors d'une grossesse précédente.
Si vous avez l'un de ces facteurs, une glycémie à jeun peut être prescrite dès le 1er trimestre, puis l'HGPO entre 24 et 28 SA. Sans facteur de risque, le test peut quand même être proposé plus tard, par exemple si l'échographie du 3e trimestre montre un bébé plus gros que prévu ou beaucoup de liquide. Pour situer votre fenêtre, calculez votre semaine en une date.
Le test HGPO : comment ça se passe ?
En une matinée au laboratoire, à jeun, avec trois prises de sang. HGPO signifie « hyperglycémie provoquée par voie orale » : on vous fait boire du sucre pour voir comment votre corps le gère. Concrètement :
- Vous arrivez à jeun depuis la veille au soir (pas de repas ni de boisson sucrée, l'eau est permise).
- Première prise de sang, pour la glycémie à jeun.
- Vous buvez une solution contenant 75 g de glucose, en quelques minutes.
- Vous restez au laboratoire, assise, sans manger ni fumer ; deuxième prise de sang une heure après, troisième deux heures après.
Comptez un peu plus de deux heures sur place, avec un livre, de l'eau et un en-cas pour après. La boisson est très sucrée et peut donner la nausée ; si vous vomissez, le test est arrêté et reprogrammé. Beaucoup de femmes le font vers 24 SA, en même temps que le bilan du 6e mois et le vaccin contre la coqueluche.
Comment lire le résultat du test HGPO ?
Trois valeurs, trois seuils, et une seule valeur atteinte ou dépassée suffit au diagnostic. Les seuils retenus en France :
- À jeun : 0,92 g/L (grammes de glucose par litre de sang) ;
- À 1 heure : 1,80 g/L ;
- À 2 heures : 1,53 g/L.
Si vos trois valeurs sont en dessous, il n'y a pas de diabète gestationnel, et le suivi continue normalement. Une valeur juste à la limite pose le diagnostic quand même, sans que ce soit une catastrophe. Dans la grande majorité des cas, l'alimentation et le mouvement suffisent à ramener les chiffres dans la cible. Votre sage-femme ou votre médecin vous explique le résultat et vous oriente en quelques jours.
Diabète gestationnel : que se passe-t-il ensuite ?
Un suivi plus rapproché se met en place, avec trois leviers. Le premier, c'est l'alimentation : pas de régime restrictif, mais des glucides (les sucres) répartis sur la journée, des fibres à chaque repas, moins de produits sucrés. Une diététicienne vous aide à construire des menus que vous aimez. Le deuxième, c'est l'activité physique : 30 minutes de marche par jour, de la natation, du vélo d'appartement, comme décrit sur Sport enceinte. Bouger après les repas fait baisser la glycémie.
Le troisième, c'est l'autosurveillance : vous mesurez votre glycémie au bout du doigt, plusieurs fois par jour. Si les chiffres restent trop hauts après une à deux semaines, de l'insuline est proposée, en injections que vous apprenez à faire vous-même. Elle ne passe pas chez le bébé, et elle s'arrête à la naissance. Le suivi se poursuit chaque mois, parfois avec une échographie de croissance en plus. L'accouchement est le plus souvent prévu normalement, à terme ; la maternité adapte si l'équilibre est difficile ou si le bébé est très gros.
Diabète gestationnel : et après la naissance ?
Dans la plupart des cas, la glycémie redevient normale dans les jours qui suivent l'accouchement. Le bébé est surveillé à la maternité : on contrôle son sucre dans les premières heures, et on l'alimente tôt. L'allaitement est encouragé, pour lui et pour vous.
Ensuite, un contrôle de la glycémie vous est proposé dans les mois qui suivent, par exemple lors de la consultation postnatale, puis régulièrement au fil des années. Avoir eu un diabète gestationnel augmente le risque de diabète de type 2 plus tard, et de diabète gestationnel lors d'une prochaine grossesse. Garder les bonnes habitudes de la grossesse et faire ces contrôles réduit ce risque. Les rendez-vous d'après sont décrits sur Rééducation périnéale et consultations après la naissance.
Et l'ostéopathe ?
Un diabète gestationnel ne vous empêche pas de consulter un ostéopathe : c'est l'une des situations où la séance s'adapte. Prévenez-le, il choisit ses techniques en conséquence, sur le côté ou semi-assise, sans appui sur le ventre. L'ostéopathie n'agit pas sur la glycémie, et nous ne vous dirons jamais le contraire. En revanche, un dos et un bassin plus confortables rendent la marche quotidienne, votre meilleure alliée, plus facile. Le 3e trimestre est la période où la science sur l'ostéopathie et le mal de dos est la plus solide : lisez L'ostéopathie au 3e trimestre.
Au cabinet. Nadia, 36 ans, enceinte de 30 SA, suivie pour un diabète gestationnel équilibré par l'alimentation. Elle devait marcher chaque jour, mais une douleur du bassin l'arrêtait au bout de dix minutes. Bilan du bassin et des sacro-iliaques, techniques douces sur le côté, conseils pour la marche et le lever. « Je refais mes trente minutes, et c'est devenu mon moment à moi. » Prénom modifié, avis publié sur Google.
Vos questions
Le test du diabète : pour qui, comment ?
Proposé entre 24 et 28 SA si facteur de risque ; 75 g de glucose à jeun et trois prises de sang. Les facteurs de risque : 35 ans ou plus, IMC de 25 ou plus, un parent proche diabétique, un diabète gestationnel ou un bébé de plus de 4 kg lors d'une grossesse précédente. Vous arrivez à jeun, une prise de sang, la boisson sucrée, puis deux prises de sang à 1 h et 2 h, sans bouger du laboratoire. Une seule valeur au-dessus des seuils (0,92, 1,80 ou 1,53 g/L) pose le diagnostic de diabète gestationnel.
Le test HGPO est-il obligatoire ?
Non, aucun examen de grossesse n'est obligatoire, mais celui-ci est vivement conseillé si vous avez un facteur de risque. Le diabète gestationnel ne donne souvent aucun symptôme ; sans le test, on ne le découvre qu'aux complications, comme un bébé très gros à l'échographie. Dépisté, il se prend en charge simplement dans la plupart des cas. Si la boisson vous fait peur, dites-le au laboratoire : boire lentement, rester assise au frais et respirer calmement aide beaucoup. Le test est pris en charge par l'Assurance Maladie.
Le diabète gestationnel disparaît-il après l'accouchement ?
Le plus souvent, oui : la glycémie redevient normale dans les jours qui suivent la naissance, parce que le placenta, qui fabriquait les hormones en cause, n'est plus là. L'insuline s'arrête à l'accouchement. Un contrôle est tout de même proposé dans les mois qui suivent, puis régulièrement, parce que le risque de diabète de type 2 est plus élevé par la suite. Garder une alimentation équilibrée et une activité régulière, et allaiter si vous le souhaitez, va dans le bon sens. Votre médecin traitant prend le relais pour ce suivi.
Marcher chaque jour, mais le bassin freine ? On peut vous aider.
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Rédigé par Aloïs Ruetsch, ostéopathe D.O. (CEESO Paris), fondateur du cabinet Pôle Ostéo à Nice. 15 ans de pratique, plus de 10 000 consultations, membre du SFDO.
Relu par un ostéopathe du cabinet · Mis à jour le 30 octobre 2026
- CNGOF, « Le diabète gestationnel », recommandations pour la pratique clinique : facteurs de risque, modalités de l'HGPO et seuils diagnostiques.
- Assurance Maladie (ameli.fr), « Diabète gestationnel » et « Les examens de la grossesse ».
- HAS, « Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque ».
- Hensel K.L. et al., essai PROMOTE, Am J Obstet Gynecol 2015 — doi.org/10.1016/j.ajog.2014.07.043
Les informations de ce site complètent le suivi de votre grossesse par votre sage-femme ou votre médecin et ne le remplacent pas. En cas de doute, appelez votre maternité.