Symptômes

Douleur du bassin enceinte (sacro-iliaques) : que faire ?

La douleur du bassin enceinte, d'un seul côté, au-dessus de la fesse, touche environ une femme sur cinq. Elle fait peur parce qu'elle « lâche » dans les escaliers ou en se tournant dans le lit, et qu'on ne sait pas la nommer. Elle a un nom, la douleur de la ceinture pelvienne, et c'est l'un des motifs où l'ostéopathie a de vraies preuves.

L'essentiel en 5 lignes

  1. La douleur du bassin enceinte vient de la relaxine, qui assouplit les sacro-iliaques, et d'une charge devenue asymétrique.
  2. Environ 1 femme sur 5 au 2e trimestre, 1 sur 4 au 3e ; elle se réveille dans les escaliers, debout sur une jambe, en se tournant au lit.
  3. À la maison : limiter l'appui sur une seule jambe, genoux serrés pour se tourner, ceinture de grossesse quelques heures par jour.
  4. L'ostéopathie : moins de douleur lombo-pelvienne et meilleure fonction, preuve de qualité modérée (Cochrane 2015, Franke 2017).
  5. À faire vérifier : impossible de marcher ou de lever une jambe, douleur brutale après une chute, douleur avec des contractions régulières.

Pourquoi le bassin fait-il mal pendant la grossesse ?

Parce que ses articulations, faites pour ne presque pas bouger, se mettent à bouger un peu. Les sacro-iliaques (les deux articulations entre le sacrum, à l'arrière, et les os du bassin) sont tenues par des ligaments très épais. La relaxine (une hormone de grossesse qui assouplit les ligaments) leur donne quelques millimètres de jeu, pour préparer le passage du bébé.

Ce jeu devient douloureux quand la charge est asymétrique : un pied sur une marche, le poids sur une jambe, l'aîné porté sur une hanche. À chaque appui, l'articulation cisaille, et les fessiers se crispent pour la tenir. La douleur est d'un seul côté, au-dessus de la fesse, parfois jusqu'à la cuisse. Si elle passe sous le genou, lisez la page sciatique enceinte ; si elle est en avant, au pubis, c'est plutôt une pubalgie. Le bébé n'est pas en cause et ne risque rien.

À quel moment la douleur du bassin enceinte apparaît-elle, et combien de femmes ?

Elle commence le plus souvent entre 18 et 28 SA, et s'accentue au 3e trimestre. Près d'une femme sur cinq connaît une douleur pelvienne pendant la grossesse (revue Cochrane 2015) ; au 3e trimestre, c'est environ une sur quatre. Les deux pics se situent vers 28 SA, quand le ventre pèse, et vers 36 SA, quand le bébé descend dans le bassin. Après la naissance, elle est fréquente les premières semaines, puis diminue de semaine en semaine. Vous ne savez plus où vous en êtes ? Calculez votre semaine avant de lire la suite.

Selon votre semaine

Au 1er trimestre (4 à 14 SA)

Peu concerné à ce stade : la douleur du bassin apparaît rarement avant 18 SA. Un bassin qui tirait déjà avant la grossesse peut se manifester plus tôt ; une séance adaptée est possible dès maintenant.

Au 2e trimestre (15 à 28 SA)

À quel point c'est fréquent : 1 femme sur 5.

Rassurant quand c'est une douleur d'un côté, au-dessus de la fesse, qui se réveille dans les escaliers ou debout sur une jambe.

À faire vérifier si vous ne pouvez plus marcher ni lever une jambe, ou la douleur est brutale après une chute.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : sacro-iliaques, sacrum, hanches ; conseils pour éviter l'appui sur une jambe ; ceinture de grossesse si besoin. C'est le bon moment pour un bilan, avant que le poids s'installe (voir l'ostéopathie au 2e trimestre).

Au 3e trimestre (29 à 41 SA)

À quel point c'est fréquent : 1 femme sur 4.

Rassurant quand elle augmente le soir et après la marche, et s'apaise au repos sur le côté.

À faire vérifier si impossible de marcher, douleur brutale, ou douleur associée à des contractions régulières.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : travail doux du bassin et du sacrum, ceinture quelques heures par jour, préparation du bassin pour l'accouchement. Deux ou trois séances espacées de 2 à 3 semaines, sur le côté ou semi-assise (voir l'ostéopathie au 3e trimestre).

Après la naissance

À quel point c'est fréquent : fréquente les premières semaines.

Rassurant quand elle diminue de semaine en semaine.

À faire vérifier si elle s'aggrave ou empêche encore de marcher après 6 semaines.

Ce que fait l'ostéopathe à ce stade : bassin et sacrum après l'accouchement, en coordination avec la rééducation périnéale. Une séance vers 6 semaines, quand vous vous sentez prête, suffit souvent.

Ce qui aide à la maison contre la douleur du bassin enceinte

Le principe est simple : ne plus jamais charger une seule jambe quand vous pouvez en charger deux.

Ce que fait l'ostéopathe pour la douleur du bassin enceinte

Il commence par un bilan : il vous regarde marcher, monter sur une jambe, vous tourner. Il teste la mobilité des sacro-iliaques, du sacrum et des hanches, et fait la part entre bassin, lombaires et pubis. Dites-lui tout sur votre grossesse, il adapte ; votre sage-femme est la bienvenue dans la boucle.

Les techniques sont externes et douces : mobilisations lentes du sacrum et des sacro-iliaques, détente des fessiers et du piriforme (un petit muscle profond de la fesse), travail des hanches. Vous êtes sur le côté ou semi-assise, avec des coussins. Aucun appui sur le ventre, aucune manipulation forcée. La séance dure 45 minutes ; votre partenaire peut venir.

Deux ou trois séances espacées de 2 à 3 semaines suffisent souvent, puis une préparation du bassin vers 36 SA. L'ostéopathe vous montre aussi comment régler votre ceinture de grossesse. Ce qu'il ne fait pas : « remettre le bassin en place » (il n'est pas déplacé, il est moins stable), ni agir sur l'accouchement.

Preuve · Cochrane La revue Cochrane 2015 (34 essais, 5 121 femmes) porte sur la lombalgie et la douleur pelvienne de grossesse. Moins de douleur et d'incapacité avec l'ostéopathie, preuve de qualité modérée.

Preuve · méta-analyse Franke 2017 : effet moyen sur la douleur (−16,7 points sur 100) et sur la fonction pendant la grossesse.

Ce que dit la science sur l'ostéopathie et la douleur du bassin enceinte

Les études regroupent lombalgie et douleur pelvienne sous le terme « douleur lombo-pelvienne », et les résultats sont encourageants. La revue Cochrane de Liddle et Pennick (2015) conclut, avec une preuve de qualité modérée, que la thérapie ostéopathique réduit la douleur et l'incapacité. Les effets indésirables sont mineurs et passagers. La méta-analyse de Franke (2017) trouve un effet moyen sur la douleur et la fonction.

L'honnêteté impose une nuance, et nous la disons. La méta-analyse de Hall (2016), sur 10 études et 1 198 femmes, montre que les thérapies manuelles font mieux que les soins habituels. Elles ne font pas mieux qu'une intervention simulée. Une partie du bénéfice tient donc au toucher, à l'attention et au temps accordé. Le soulagement ressenti n'en est pas moins réel.

Quand appeler la maternité avant tout

Ces signes demandent un avis médical le jour même. Ce n'est pas l'ostéopathie qui est en cause : c'est le signe qu'il faut vérifier d'abord.

  • Impossible de marcher ou de lever une jambe, même avec aide (possible disjonction de la symphyse)
  • Douleur brutale du bassin après une chute, ou un craquement suivi d'une douleur intense
  • Douleur du bassin associée à des contractions régulières et douloureuses avant 37 SA
  • Fièvre au-dessus de 38 °C
  • Saignements, quelle que soit la quantité
  • Chute, choc sur le ventre, accident de voiture
  • Après la naissance : douleur qui s'aggrave ou empêche encore de marcher après 6 semaines

Retrouvez la liste complète des signes d'alerte. Une fois le feu vert donné, l'ostéopathe peut vous accompagner comme n'importe qui d'autre.

Au cabinet. Inès, 34 ans, 27 SA, deuxième bébé, un aîné de deux ans porté sur la hanche. Une douleur au-dessus de la fesse droite, qui lâchait dans les escaliers. Bilan : une sacro-iliaque droite très sensible, un fessier contracté, des hanches raides. Deux séances à trois semaines d'écart, sur le côté, une ceinture pour les sorties, et une nouvelle façon de porter son fils. « Je remonte mes quatre étages sans m'arrêter, et je ne redoute plus la nuit. » Prénom modifié, avis publié sur Google.

Vos questions

Une ceinture de grossesse, c'est utile pour la douleur du bassin ?

Oui pour la douleur de la ceinture pelvienne et la pubalgie, quelques heures par jour, pas en continu. Elle se place bas, sous le ventre, au niveau des hanches, et serre juste assez pour « tenir » le bassin pendant la marche. Portée toute la journée, elle met les muscles au repos et ils se déshabituent de leur travail. Le bon usage : les sorties, les courses, la fin de journée. L'ostéopathe vous montre comment la régler.

Puis-je porter mon aîné avec une douleur du bassin enceinte ?

Oui, en pliant les genoux et en le gardant contre vous ; écoutez le bassin et le périnée. Ce qui fait mal, c'est l'enfant posé sur une hanche, le poids sur une seule jambe. Portez-le de face, à deux bras, le dos droit, et reposez-le dès que le bassin proteste. Apprenez-lui à grimper seul sur le canapé ou dans le siège auto : à deux ans, c'est un jeu.

La douleur du bassin va-t-elle durer jusqu'à l'accouchement ?

Pas forcément, et rarement au même niveau. Avec les gestes du quotidien, une ceinture bien réglée et deux ou trois séances, la plupart des femmes retrouvent une marche confortable en quelques semaines. La douleur peut revenir par vagues, surtout vers 36 SA quand le bébé descend. Après la naissance, le bassin se stabilise de semaine en semaine. Si la douleur empêche encore de marcher après 6 semaines, parlez-en à votre sage-femme.

Une douleur du bassin qui lâche dans les escaliers ? On peut faire beaucoup.

Un bilan du bassin, des gestes pour le quotidien, une ceinture bien réglée : c'est souvent tout ce qu'il faut. À Nice, au cabinet Pôle Ostéo, ou près de chez vous grâce à l'annuaire des ostéopathes formés à la grossesse.

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Pôle Ostéo · 22 rue Gounod, 06000 Nice · 90 € au cabinet, 120 € à domicile · 04 93 85 91 84

Rédigé par Aloïs Ruetsch, ostéopathe D.O. (CEESO Paris), fondateur du cabinet Pôle Ostéo à Nice. 15 ans de pratique, plus de 10 000 consultations, membre du SFDO.

Relu par un ostéopathe du cabinet · Mis à jour le 30 octobre 2026

Sources
  • Liddle S.D., Pennick V., revue Cochrane 2015 — doi.org/10.1002/14651858.CD001139.pub4 (lombalgie et douleur pelvienne de grossesse ; fréquence de la douleur pelvienne)
  • Franke H. et al., méta-analyse, J Bodyw Mov Ther 2017 — doi.org/10.1016/j.jbmt.2017.05.014
  • Hall H. et al., méta-analyse, Medicine 2016 — doi.org/10.1097/MD.0000000000004723
  • Repères de suivi et signes d'alerte : Assurance Maladie (ameli.fr, « Le suivi de la grossesse ») ; HAS, « Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque » ; CNGOF.

Les informations de ce site complètent le suivi de votre grossesse par votre sage-femme ou votre médecin et ne le remplacent pas. En cas de doute, appelez votre maternité.

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